Dégénération, ou progrès?
Par Simarde
Sacrament, l'autre jour, j'étais assis dans une sale d'attente, pis j'ai été pogné à écouter la chanson "Dégénération" de Mes Aïeux. J'étais tellement en criss que j'ai été contraint de me kicker moi-même dans les noix.
D'ailleurs, voici une liste de cauchermars que j'aimerais mieux voir se réaliser plutôt que d'écouter cette chanson-là (en ordre du moindre pire au pire) :
- -Me faire sodomiser par un marteau à percussion;
- -Marcher tout nu sur du magma en fusion déguisé d'une ceinture de casseroles avec des lunettes qui ont un nez pis une moustache d'attachés après;
- -Me frapper dans le foie à répétition avec une crowbar;
- -Écouter du France D'Amour;
- -Attraper la ghonnorée;
- -Aller à l'église (oh, non, ça c'est pire à vrai dire);
- -Attraper la ghonnorée de France D'Amour dans une église.
Je suis relativement tanné (7, sur une échelle de 1 à "je m'occupe personnellement de la baignade dans le fleuve avec des bottes de ciment") d'entendre cette chanson-là, surtout considérant qu'elle n'a pas été écrite il y a 200 ans. Calvaire, y'a personne qui a remarqué que Mes Aïeux fait l'apologie de valeurs rétrogrades et d'un monde archaïque?
La chanson raconte à quel point un vieux monsieur défrichait sa terre v'la des millions d'années, et que, de génération en génération, sa famille s'est débarrassée de la terre parce qu'ils en avaient rien à crisser, et parce qu'ils avaient de l'ambition et voulaient une meilleure job que fermier, ce qui serait mauvais bien sûr. Vaut mieux rester tous sur la même terre pendant 100 générations juste parce que la terre a appartenu à ton père, et faire le même travail jusqu'à l'extinction de la race. Non mais sacrament, à quelle magnitude d'imbéciles a-t-on affaire?
Supposément, le petit-petit-fils vivrait maintenant dans un appartement, ce qui serait mal, parce qu'évidemment la vie ne vaut pas la peine d'être vécue si ce n'est que pour autre chose que vivre 14 dans un maison à labourer la terre à' pelle pis à' pioche, tout en mourant à 35 ans, n'ayant accès à aucun soin médical, et en n'ayant aucun contact avec quoique ce soit qui est hors d'un rayon d'un kilomètre de chez vous.
Pis pour le boute sur l'avortement, venez pas me pleurer dans les bras en disant que c'est dont malheureux, bla bla bla, bla bla bla. Ça se faisait dans ce temps-là aussi. C'est juste qu'aujourd'hui, les femmes ont le droit, pis c'est des docteurs qui le font, au lieu que les femmes le fassent elles-mêmes avec des broches à tricoter.
D'ailleurs, y'a encore un autre courant ces temps-ci, mené par des imbéciles, comme d'habitude, comme quoi "si c'est culturel, c'est positif". Chaque pratique culturelle (religion, voile, etc.) qui est critiquée est "réfutée" par "ça fait partie de la culture, donc, faut que ça reste de même, parce que c'est culturel, et que c'est bon, et que si c'est bon, faut que ça reste de même, parce que c'est culturel" et on continue en rond comme ça pendant l'infini.
Le relativisme culturel, c'est du mal, mais c'est pratique, parce que ça permet aux imbéciles à la fois de ne pas avoir l'air xénophobes, d'avoir l'air cultivés, mais aussi, et le meilleur de tout, de ne pas avoir à penser, tout en critiquant ceux qui critiquent, pour conserver leur monopole de la médiocrité.
Cette façon de penser est souvent soutenue par quelque chose comme "il n'existe pas de vérité [tout est culturel, tout est relatif, toutes les valeurs se valent, j'ai un phallus lilliputien]." Le problème, c'est que s'il n'y existe pas de vérité, cette déclaration ne peut du même coup être considérée comme vraie. "Oui, mais Simarde, tu as tort, parce que toute vérité est relative [ou le classique : c'est ce que -Tu- penses]". Oui, mais Monsieur twit, ce que tu viens d'énoncer est sensé être une vérité absolue. C'est donc que toute vérité n'est pas relative, et donc, que ta déclaration est fausse. Allez vous faire foutre.
C'est pas parce que quelque chose est culturel ou que c'est une tradition que c'est pas extrêmement stupide/dépassé/dégradant et qu'on doit s'empêcher de la critiquer:

Tolérer la différence, c'est pas l'accepter gériboire. C'est malheureux parce que certains de ces imbéciles réussissent à se hisser dans des positions importantes... Charles Taylor en est le meilleur exemple.
Cette chanson-là me pompe considérablement, puisqu'on y sous-entend que le Québec d'autrefois était mieux, que ses valeurs était meilleures, que le style de vie était meilleur, etc. Eh bien non, le Québec contemporain est bien meilleur sur, disons, 100% des plans que le Québec évoqué dans cette chanson. On n'est plus pauvre, on vit plus longtemps, on travail la moitié des heures dans des conditions délicieuses, on est éduqués, ouvert sur le monde, et cætera, et cætera, et toutes les autres choses que j'ai pas nommées.
Maintenant, tout ce passé-là peut rentrer dans le folklore. D'ailleurs, parlant de folklore, y'a tu moyen que le folklore reste du folklore, pis que les amérindiens arrêtent de se présenter au parlement habillés en sauvages, comme y'a 400 ans. Criss, quand Jean Charest se présente à Ottawa, y s'habille tu en patriote caliss?

Bref, je hais Mes Aïeux. À moins que leur chanson soit ironique, et qu'en fait, leur pièce musicale soit du pure génie. Mais... Non. Ce sont de très gros cancres qui vivent encore v'la 200 ans.
