2 octobre 2008

Johnny, t'es coupé. La culture, t'es coupée. (partie 2)

Par Simarde

Depuis quelques semaines, les artistes se plaignent tellement que leurs doléances ont atteint, dans les médias, le niveau des doléances environnementales, c'est-à-dire un niveau aussi démesuré que l'ancienne poitrine de Pamela Anderson.

Par exemple, pendant la fin de semaine passée, la culture a occupé 25%* (pour une moyenne de 19%) de la campagne électorale dans les médias québécois (comparé à 0,41% pendant la campagne 2007). Parce que bien sûr, un enjeu aussi primordial mérite le quart de la couverture médiatique de la campagne, tout comme l'environnement, avec 20% (moyenne). 40% de l'actualité pour des problèmes fictifs, c'est complètement ridicule.

*Influence communication

Dans le Canada anglais par contre, ça tombe à 3% pour la culture. Ils s'en crissent des coupes. Justement parce qu'ils en consomment de la culture, et que ça les affectera pas. Plaignez-vous moins, produisez plus, martyrs québécois maltraités.

Et ces fameux pauvres petits artistes qui gagnent en bas de 20 000$ par année, qu'ils bûchent plus fort, ou qu'ils se trouvent une vraie job. Faut commencer à quelque part, tout le monde ne peut pas être Céline Dion, n'est-ce pas? Quoique dans le fond, c'est aussi bin d'même. Y'a plein d'autres gens qui gagnent moins que 20 000$, pis on les subventionne pas, même s'ils contribuent certainement plus à la société que n'importe quel artiste soit-il.

"Mais nous, les artistes, sommes la vitine de la nation à l'international."

Que pensez-vous de : y'en est pas question? Vous aimeriez ça, espèces d'égocentriques prétentieux. Le monde tourne pas autour de vous. Le Canada est reconnu pour ses casques bleus. Ça a tu à voir avec les artistes? Zéro de pourcent. La France est reconnue pour sa gastronomie. Ça a tu avoir avec des artistes qui se produisent outre-mer? Non plus. Les États-Unis sont très connus en Irak. Ça a tu à voir avec le fait que Jimmy Hendrix serait allé faire un show à Bagdad avec sa Stratocaster en feu tout en jouant dans le dos avec ses dents grâce à des subventions du gouvernement? J'en doute. Bien sûr, la politique étrangère d'un pays n'y est pour rien non plus, ni les médias internationaux, ni les stéréotypes culturels véhiculés dans le monde, ni le tourisme. Non. Seulement les artistes qui se produisent à l'étranger grâce à des subventions.

Eh puis pour ces fameuses statistiques d'artistes qui ont de la misère à vivre de leur métier, vous en voulez une bonne? J'en suis un! Eh oui, je suis membre de l'Union des Artistes. Me compte-on dans les statistiques? Absolument. Suis-je réellement un artiste. Au diable que non. On pourrait en compter sur les asiatiques à Brossard, les artistes qui, plutôt que d'être des artistes qui travaillent dans un autre domaine à temps partiel pour combler leur petit salaire, comme on le prétend, sont des travailleurs moyens qui font un travail d'artiste à côté pour le plaisir.

Hey les artistes. Vous êtes tannés que le monde se criss de vous autres? Arrêtez de vous plaindre, et lâchez votre condescendance. Votre êtes pas meilleurs que personne, vous êtes pas plus vertueux que personne, vous faites pas tourner le monde, vous êtes pas le centre des sociétés.

Ces subventions ne sont en fait qu'une déplacement de salaire d'un contribuable vers un autre (l'artiste). Dire que les artistes en ont besoin plus (ou le méritent plus) que l'ouvrier moyen fait preuve d'une condescendance aussi grande que leur stupidité. De toute façon, si le travail des artistes était productif, auraient-ils besoin de quémander au gouvernement? Dans le même sens, si les subventions aident les pauvres artistes à vivre (sans qu'il y ait de pertes égales ailleurs chez d'autres travailleurs), alors pourquoi pas des subventions à tous?

Encore bizarrement, c'est en Alberta que la culture est la moins subventionnée, mais c'est là qu'on dépense le plus en culture. La situation est exactement contraire au Québec. Si les gens aiment mieux mettre leur argent ailleurs, c'est clairement en les traitant de gang d'incultes que vous allez les convaincre d'aller vous voir.

Et ces artistes, toujours débordants de comparaisons et de métaphores qui imagent exactement les situations, comparent Harper à Hitler. Bien sûr, quelqu'un qui coupe des subventions à des artistes qui n'en ont pas besoin se compare à quelqu'un qui a mis sur pied une dictature totalitaire naziste qui a engendré un génocide et une guerre tuant plus de 50 000 000 de personnes. Je m'imagine bien un survivant du génocide hocher la tête en guise d'approbation en entendant les artistes dire ça.

Et d'ailleurs, c'est quoi cette stupide assertion que "parce que quelqu'un baisse les subvetions à la culture, il hait la culture"? Pourtant, j'adore l'éducation, mais je n'appuis pas les baisses de subventions à l'éducation. J'adore la porn. Est-ce que je devrais automatiquement demander des subventions à la porn? C'est quoi cette stupide pensée égocentrique là?

Surtout que depuis que les Conservateurs sont arrivés au pouvoir, le budget du conseil des arts a augmenté de 30 millions, pour atteindre 180 millions, le budget de la SRC a haussé de 13,6%, le Fonds canadien de télévision a augmenté de 20%, la contribution fédérale au Centre national des arts a augmenté de 58% et le budget de Patrimoine Canada a augmenté de 24% (au total). Oui, un gouvernement qui haïe la culture... J'ai tu entendu les artistes (ingrats) applaudir ces mesures?

Enfin, et malgré tout ceci, vous ne pourrez malheureusement pas me traiter de "conservateur", parce que je n'ai, ni ne vais, voter (pour Harper). Par optimisme, j'opte plutôt d'envoyer le message que les programmes sont vides et démagogues en m'abstenant de voter. À quoi bon choisir entre un coup de braoule au visage, un coup de bâton de golf dans la fourche, et un suppositoire démesuré au côlon?

Donc les artistes, vos yeules, pis créez au lieu d'critiquer, le public va avoir le goût de vous encourager plus que quand vous les insultez hautainement. Critiquer c'est du bien, mais vous avez tort, vous avez plus de préjugés que ma grand-mère a de rides, pis de toute façon, vous critiquez pas, vous pleurez comme des poupons. En l'occurrence, il me fera plaisir, sur réception de votre adresse, de vous envoyer les produits suivant, gracieuseté de moi :