Je hais le monde
Par Simarde
J'hais le monde. J'hais les gens. Caliss que je les hais. Le monde est vraiment des animaux. Pis y'en a partout. Toujours en train de me déranger pour des niaiseries ou de me polluer la vision ou les oreilles avec leur linge d'artistes ou leur musique qui n'en est pas.
L'autre jour, je suis, comme à l'habitude, au cégep, en train d'attendre dans un corridor, à profiter de l'air non pollué de morons qui rentre par le châssis, quand je vois s'approcher de moi une fille qui était, ma foi, monstrueuse. Quelque chose se dégageait de cette fille... Comme une odeur de putréfaction. Pour vous donner une idée de sa monstruosité, je vous dirais que j'ai déjà eu de plus grosses érections en regardant du curling. Toujours est-il, cette grosse chienne au visage familier, que j'ai peut-être eue dans un cours, ou que j'ai peut-être rencontrée dans un cirque ou un zoo, s'approche de moi avec son sac de chips en main et me demande si je peux lui prêter ma brocheuse pour qu'elle tacke son travail (dont on aurait juré qu'il venait de sortir d'une poubelle), qu'elle remet en retard. Je lui prête donc ma tackeuse, en faisant semblant que ça me fait plaisir, tout en espérant qu'elle se tacke les doigts sur une voie ferrée qui aurait pu être tout près. Bien évidemment, en même temps qu'elle utilise et manipule ma tackeuse, elle mange ses chips comme l'animal qu'elle est, tout en se lichant les doigts, en en échappant partout à terre et sur elle, et en faisant des bruits que j'ai plutôt l'habitude d'entendre sortir d'un rectum que d'une bouche, et elle finit par me redonner ma tackeuse, sans dire merci, naturellement. J'pense que pour noël j'vais lui offrir un coupon pour une hystérectomie gratuite.
Comme si c'était pas assez, y'a une autre truie qui arrive pour agrémenter ma rencontre, parce qu'évidemment, un malheur n'arrive jamais seul. La première truie dit donc à la deuxième qu'elle est en train de parler à "son ami Simarde" et qu'elle viendra donc la "rejoindre plus tard [après avoir emmerdé Simarde pendant des heures et des heures]". Premièrement, je ne suis pas ton ami tabarnak, je connais même pas ton nom, grosse osti d'torche. Deuxièmement, t'es pas obligée de continuer de me faire la conversation, tu m'intéresses pas câliss. 0 de pourcent. J'veux pas te parler, pis ça paraît. Ça m'intéresse vraiment pas de savoir comment ton chien s'appelle et de connaître toutes les acrobaties que tu peux faire pour des biscuits. Si le fait que je fixe le mur derrière toi, en prenant soin de regarder ma montre à toutes les secondes, tout en me grattant la poche et en remplissant mon rapport d'impôts ne te donne pas un indice que je me criss complètement de ce que tu me dis, s'il-te-plaît, invente une machine à remonter le temps, recule dans l'échelle temporelle, et asperge la fourche de ton père avec de l'acide sulfurique, ça me ferait un grand plaisir. C'est le genre de personne qui, à défaut de dialoguer, fait un monologue, même pas une tirade, dans lequel aucune intrusion n'est permise, et qui n'est pas capable d'interpréter les signaux de arrête-de-me-parler-je-m'en-criss. Le bon côté, c'est qu'avec eux, on n'est pas obligés de faire semblant d'être intéressés, parce qu'ils nous regardent pas en parlant, pis parce que de toute façon, on peut pas placer un mot.
Pauvres professeurs. J'peux difficilement les blâmer de faire des dépressions. Quand j'suis forcé de travailler avec quelques-uns de ces morons-là pour un travail d'équipe, j'me dis que ça serait un moindre supplice que de me faire varger dans la fourche avec une braoule pendant des heures. Endurer leur stupidité, leur prouver qu'ils ont tort à tout bout de champ, démolir leurs raisonnements d'enfants et corriger leur partie du travail d'équipe (ce qui me prend plus de temps que d'en écrire une nouvelle) est à veille de me rendre fou. Pis les professeurs qui doivent travailler avec plusieurs classes de 40 twits... Et corriger leurs travaux (devrais-je écrire "morceaux de marde"?)! Pour mettre en perspective, à côté de ça, l'holocauste à l'air d'une entrée gratuite dans toutes les parcs Six Flags mis ensemble.
Une autre question que je me suis souvent posée est à savoir pourquoi tous ces imbéciles tutoient toujours les professeurs qui sont 40 ans plus vieux qu'eux. La réponse la plus évidente : ils sont impolis. Mais je crois sincèrement que c'est simplement parce que, comme pour bien d'autres problèmes sociaux, ils sont stupides; ces dumbass sont probablement simplement incapables de conjuguer à la deuxième personne du pluriel, parce qu'ils sont cons.
